PRESSE
24 HEURES
24 heures Région La Côte; 05.12.2007
Zoom sur trois humoristes en herbe
Vingt-deux jeunes humoristes se sont présentés aux auditions Jeunes talents suisses du Montreux Festival du rire. Trois ont retenu l’attention du jury. Ils se produiront en première partie d’artistes confirmés. Présentations.

Arek Gurunian, plus burlesque que vanneur
Plu tôt que la tchatche, la vanne ou le stand-up , qui ont la cote dans l’univers du rire, c’est vers le clownesque et le burlesque que tourne l’univers du comédien. En mode solo, il va présenter Arek en vrac à Paris, dès janvier. A 29 ans, c’est maintenant là-bas que se déroule sa vie, avec des retours réguliers sur Morges, où il a passé son enfance, et à Lausanne. Dans la capitale française, il a joué une centaine de fois Z’ai oublié quelque chose , avec son alter ego parisien, Anne-Sophie Girard, dans un spectacle sur les affres de la colocation. «Plutôt que l’humour dénigrant où on balance, j’essaie d’aller vers le comique de situation. J’aime bien l’idée que derrière le rire, le spectateur s’y retrouve un peu lui-même. » Mais la tchatche d’Arek réapparaît toujours, bien là, avec ses personnages en prise avec un monde qui les perturbe ou son interprétation féminine des textes de SMS.
Plongé dans le monde du théâtre depuis tout petit, il monte sur les planches à 10 ans, au Théâtre de Beausobre. Et il garde le souvenir d’enfant des premiers spectacles de Devos, de Boujenah ou de Bedos, qu’il découvre au Festival Morges-sous-Rire. Après deux années en hautes études internationales, à Genève, il abandonne l’université et part à Paris à l’âge de 22 ans. L’intérêt de la capitale française, c’est aussi le nombre de personnages à observer: «J’adore me poser dans un parc et regarder les gens. A Morges aussi, remarquez, il y a beaucoup à observer», rigole-t-il. Et jouer à Montreux? «C’est une belle surprise!»
LAURENT DONZEL



JOURNAL DE MORGES
Vendredi 13 juin 2008
Arek Gurunian, le tendre faux-dur
Echandens
Dans le cadre des extensions «territoriales» de Morges-sous-Rire, nous avons eu l’occasion d’assister, le 6 juin au Caveau d’Echandens, au spectacle frais et touchant du Morgien d’origine arménienne Arek Gurunian, intitulé Arek en Vrac, mis en scène par Didier Vignali.
Quel dommage que ce talentueux trentenaire, qui a reçu en 2007 le Prix François Silvant au récent Festival d’Humour de Montreux, n’ait pas défendu les couleurs de la Suisse au Concours international d’humour, voici une semaine à Cossonay. Nous en connaissons qui eussent été avantageusement remplacé(e)s...
C’est une sorte de spectacle en abyme que nous offre l’humoriste, puisqu’il vient, tel un acolyte de seconde zone, nous avertir, avec force excuses et ronds de jambes, qu’il n’y aura pas de spectacle, l’artiste n’ayant pas été payé depuis un mois. De fil en aiguille, l’acolyte devient principal,et sa mobilité, son expressivité extrême, ses mimiques, ses yeux ronds noirs dans un visage tout pâle, ont tôt fait de nous titiller. Nous voici donc embarqués à le suivre dans ses confessions de drague, jamais vulgaires, et où affleurent toujours, en filigrane discret, solitude et peur du rejet.
Le bonhomme a du pep, il ne va pas s’auto-apitoyer, mais plutôt prendre à témoin, voire interpeller vigoureusement tel ou telle dans l’auditoire. Aidé par une diction très claire, rapide et percutante, Arek ne se complaît pas dans les grosses blagues éculées, mais laisse toujours affleurer (par exemple quand il parle du féminin en soi) une sensibilité intelligente derrière la mousse des mots. Le voici qui décortique les qualités opposées du ciné et du théâtre, détaille la manière d’«emballer» une fille, réfléchit aux notions relatives de «moche» ou de «beau», explicite l’état du mec qui «meurt de faim» (sexuelle, bien sûr, signe que les nanas décryptent mal...). Pièce d’anthologie aussi sur les textos et l’usage flicard qu’en font les filles, et mieux encore l’exaltation ressentie quand on a déniché, enfin, à l’odeur par exemple, l’âme sœur! Car à deux, on est quand même un peu moins seul...
Et l’aveu final: «J’aime trop les femmes, j’arrive pas à les quitter!» Pas besoin d’un dessin, on avait compris. Et approuvé!
JJGDR

JOURNAL DE MORGES
AREK GURUNIAN L’humoriste morgien a crevé l’écran lors du Festival du Rire de Montreux la semaine dernière. Il repart à Paris où il sera seul sur scène en janvier.
Après avoir assuré, avec sa tchatche nourrie aux choses de la vie, l’humoriste morgien Arek Gurunian a encore reçu une belle surprise, puisqu’il a obtenu le Prix de la Fondation François Silvant décerné pour la première fois samedi. «Ce prix est un symbole fort, car les sketches de François Silvant ont jalonné mon enfance et ma vie d’adolescent. » En attendant le retour sur une scène romande – promis avec le prix – Arek Gurunian sera à l’affiche en janvier à Paris, sa ville d’adoption, avec son one-man-show «Arek en vrac».
A 29 ans, c’est maintenant là-bas que se déroule sa vie, avec des retours réguliers sur Morges, où il a passé son enfance, et à Lausanne. Dans la capitale française, il a joué une centaine de fois «Z’ai oublié quelque chose», avec son alter ego parisien, Anne-Sophie Girard, dans un spectacle sur les affres de la colocation.
JDM

RUE DU THEATRE
AREK EN VRAC
BRAVO POUR LE CLOWN
Ce jeune trentenaire venu de Suisse a tout d’un grand. Lauréat 2007 du prix François Silvant au célèbre festival du Rire de Montreux, il présente son premier one man show dans lequel il manie un phrasé pertinent et percutant. L’interprétation est à l’avenant. Un talent à encourager.
La petite salle du théâtre de la Loge est en émoi. Le spectacle annoncé est annulé. Le comédien n’a pas été payé depuis un mois. C’est l’ouvreur qui nous informe de cette déconvenue, précisant qu’il est dans le même cas, sauf que pour lui c’est moins grave vu qu’il a commencé, il y a seulement deux jours. De négociations en atermoiements, c’est finalement l’ouvreur qui nous a accueilli avec des bonbons qui va faire le spectacle…
Le cinéma c’est pas mal, le théâtre c’est mieux. Pourquoi ? Parce qu’au théâtre on voit les acteurs avec du relief et non point tout plats sur un écran, pardi ! Mais surtout parce que le théâtre, y’a pas mieux pour faire connaissance. Les théâtres, lieux de drague idéaux. On n’y avait pas songé, tiens ! Bon, ensuite, arrive ce qui arrive. Ça dépend du public. Si la Caroline du premier rang ne veut pas de vous, on peut se rabattre sur le Philippe du second et connaître les émois de l’inédit. Oui mais si Philippe est accompagné de sa nana ? D’autant que cette nana-là, si ça se trouve, fait partie de ces gonzesses hystéros qui martyrisent leur mec avec leur téléphone portable et vous prennent en flagrant délire de mensonge, main dans le sac, pieds et poings liés….

Un excellent comédien
Pas simple d’emballer donc. Même au théâtre. Pas simple non plus de renouveler le genre d’un spectacle qui parle de drague, de rapports hommes/femmes, de rupture. En se collant à ces thèmes mille fois rebattus, le jeune Arek Gurunian prend des risques donc. Pourtant il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir qu’il y a un ton nouveau dans ces mots-là. Une volonté délibérée de rompre avec le préexistant. Grâce à un texte tout d’abord. Ramassées sur un peu plus d’une heure, les aventures de ce trentenaire sont des tranches de vies parfumées au gaz hilarant où domine le burlesque et non la blague éculée à deux balles ! Grosse différence qui crée l’impression de jamais vu à laquelle s’ajoute un énorme travail d’interprétation. Auteur, Gurunian est aussi et même surtout comédien. Si de belles trouvailles ponctuent ce show (le 1er prix du plus moche, pourquoi quitter une fille est si fatigant, la femme qui est en chacun de nous…), ce qui va vraiment renverser le public (de rire) sur son fauteuil, c’est le jeu de ce clown qui par ailleurs ne manque ni de bonhomie ni d’un charisme certain. Un cocktail aussi étonnant que détonnant…

Franck BORTELLE (Paris)

24 HEURES
Un peu cliché. En face, le Café des Deux-Moulins, lieu mythique du film Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Plus bas, la scène légendaire du Moulin Rouge. A cheval entre Pigalle et Montmartre, un vrai décor de cinéma. Depuis sept ans, Arek Gurunian a établi ses quartiers dans cette cité qui nourrit les rêves de tout artiste en devenir, Paris. Dans son repaire le Lux Bar, il débarque, jeans noirs, pull noir, tout en discrétion. Sous ses faux airs de Boujenah, le personnage ne trompe pas sur sa vocation. A peine présenté, il commence le show et lance quelques vannes. «J'espère que vous n'allez pas me demander, comme une autre journaliste, pourquoi on m'a remis le Prix François Silvant», lâche-t-il, amusé.

Parce que ce prix a été une surprise totale pour lui, parce qu'aujourd'hui les gens du spectacle s'intéressent à lui, Arek en rit. Il y a un an, il regardait encore à la télévision le Festival de Montreux. En décembre 2007, il en était la révélation! Une aubaine dans une période où il commence à douter. «J'ai bientôt 30 ans, il fallait que ça prenne maintenant ou que je me décide à faire autre chose pour me donner les moyens de la vie que je veux.» Loin des clichés, le mec. Il n'a rien d'un illuminé se complaisant dans la galère, rien d'un comédien cultivant la vie de bohème. Les pieds sur terre, Arek Gurunian.

Elevé dans le respect de sa culture arménienne, il grandit à Morges dans une famille de psychologues. Avec une grand-mère qui le pousse à «faire le clown», il avoue se sortir d'une éducation stricte grâce au rire. A 10 ans, il monte déjà sur la scène du Théâtre de Beausobre. Un lieu où il découvrira plus tard ses mentors: Raymond Devos, Fabrice Luchini, Guy Bedos.

Sur les traces de Ramuz

Par peur des aléas de la vie d'artiste, par peur de perdre le bonheur de la scène en amateur, il suit le «droit» chemin des Hautes Etudes internationales à Genève. Mais des ennuis de santé se répètent, signe pour lui d'un problème plus profond. «Difficile de ne pas «psychologiser» dans ma famille», lance-t-il en haussant les sourcils. Alors, le grand saut vers Paris, il le fait presque par survie. «Un ami philosophe m'a suggéré de lire Ramuz, La raison d'être.» Quasi solennel, il cite: «On est tout petit que déjà Paris nous appelle.» La raison bien gardée, Arek Gurunian économise de l'argent, puis «renaît» dans la capitale française. Aujourd'hui, il joue chaque semaine son one-man-show au rythme déjanté, Arek en vrac. Dans le plus petit théâtre de Paris, La Loge, trente places seulement. Un lieu atypique et une ambiance plus que feutrée... «Ça me permet déjà de tester mon spectacle avec un public presque sur mes genoux!» Emmené dans la fable burlesque de la vie d'un paumé, le public est emballé et en redemande.

Un bagout à vous couper le souffle, Arek Gurunian? Pour sûr, à la scène comme à la vie. Il enchaîne le récit de son parcours, l'entrecoupe de vers poétiques et déverse, à la suite, tous ses bonheurs sur scène, ses galères aussi. Ses cours dans l'école prestigieuse de Florent, son travail de groom au Georges V. Son premier duo, un rôle dans Jules César au théâtre Chaillot, des pièces du Koltès, quand même sans oublier une émission de télé-réalité en tant que coach théâtral. Il s'arrête de parler, étourdi par son flot et se marre. «Il faut me couper parce que je m'emballe.» Une promesse de tournée en Suisse, une programmation lors de la prochaine édition de Morges-sous-Rire. Le petit Vaudois vivant à Paris trace sa route sans oublier la Suisse.

Paris, Théâtre de La Loge, Arek en vrac, tous les mercredis jusqu'à fin mars.

Yverdon, Théâtre du Petit Globe, en duo dans Zé oublié quelque chose, le 2 août.

24 HEURES
Premier Prix Silvant, le petit dernier est né

D’abord il y a eu la bonne surprise d’être parmi le trio de jeunes talents à avoir décroché une première partie au Montreux Festival du rire. Après avoir assuré vendredi avec sa tchatche nourrie aux choses de la vie, l’humoriste morgien de 29 ans, Arek Gurunian a encore reçu une autre surprise. Après avoir conquis l’Auditorium Stravinski, il a reçu le Prix de la Fondation François Silvant décerné pour la première fois samedi. Malgré l’énergie qui le caractérise, Arek Gurunian en a du coup perdu sa généreuse volubilité: «Je ne savais plus quoi dire. Un prix? Et en plus celui-là, le symbole est fort. D’une telle simplicité mais d’une telle difficulté à réaliser: les sketches de François Silvant ont jalonné mon enfance et ma vie d’adolescent. » En attendant le retour sur une scène romande – promis avec le prix – Arek Gurunian sera à l’affiche en janvier à Paris, sa ville d’adoption, avec son one-man-show «Arec en vrac».
F. M. H.



     LA VIDEO EN COURS
FESTIVAL YOUHUMOUR
CASTING YOU HUMOUR
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